Copilot et IA
Top des alternatives souveraines à Microsoft Copilot en 2026
Vibe de Mistral, Dust, Konverso, Scalair, OVHcloud, Scaleway, Albert : ce que chaque alternative à Copilot garantit vraiment, ce qu’il faut lui demander et pour quel besoin.
Les principales alternatives souveraines à Microsoft Copilot en 2026 sont Vibe de Mistral (l’ancien Le Chat), Dust, Konverso, Scalair, les briques d’OVHcloud et de Scaleway, et Albert pour le secteur public. Elles servent à utiliser l’IA sur des contrats, des données clients ou des informations stratégiques en gardant ces données sous un droit et un hébergement que l’entreprise a choisis. Aucune ne remplace Copilot à l’identique : le choix dépend de ce que vous voulez protéger et de ce que vous acceptez de perdre en intégration.
Précisons d’où nous parlons. Notre métier est de construire sur la Power Platform de Microsoft : ce comparatif est écrit de ce point de vue. Chaque fiche s’appuie sur ce que l’éditeur publie, ou sur la presse quand il ne publie rien, relevé en octobre 2026.
Pourquoi chercher une alternative à Copilot
Prenons une situation type. Une ETI a déployé Microsoft 365 Copilot pour ses équipes. Son service juridique voudrait résumer des baux et comparer des clauses, mais sa direction hésite à y faire passer des contrats sensibles, à cause du droit américain auquel Microsoft reste soumis. Elle ne cherche pas forcément à tout quitter : elle veut savoir s’il existe un outil séparé pour ce périmètre précis.
Trois motifs reviennent le plus souvent :
- Le droit applicable : un fournisseur américain peut recevoir une demande d’accès de ses autorités, même pour des données stockées en Europe.
- La conformité : le RGPD encadre les données personnelles, et le règlement européen sur l’IA, l’AI Act, ajoute des obligations pour certains usages.
- La dépendance : un seul fournisseur étranger peut changer ses tarifs ou ses conditions sans que l’entreprise y puisse grand-chose.
Il faut aussi être juste avec Copilot. Microsoft s’engage à ne pas utiliser les requêtes, les réponses et les données de Microsoft Graph pour entraîner ses modèles de fondation. Pour ses clients de l’Union européenne, Copilot relève de la limite de données de l’UE, avec une réserve : les modèles fournis par Anthropic en sont actuellement exclus. Tout cela figure dans sa page sur les données, la confidentialité et la sécurité de Copilot. Ces engagements règlent le lieu de traitement et l’entraînement, pas la nationalité du fournisseur. Pour beaucoup de PME, ils suffisent ; pour certains secteurs ou certains fichiers, non.
Côté budget, Microsoft 365 Copilot coûte 26,00 € HT par utilisateur et par mois (prix public relevé en octobre 2026, offres Entreprise). Microsoft 365 Copilot Chat, lui, est inclus.
Les critères d’une vraie alternative souveraine
Une alternative souveraine ne se résume pas à un drapeau. Avant de comparer des noms, fixez ces critères :
- La localisation : où sont stockées les données, et où passent-elles pendant le traitement par le modèle ?
- La juridiction : de quel droit relève le fournisseur, et de quel droit relèvent ses sous-traitants ?
- L’entraînement : vos échanges servent-ils à améliorer les modèles, et ce réglage est-il désactivé par défaut ?
- Le choix du modèle : êtes-vous lié à un seul moteur d’IA ?
- L’intégration : l’outil se branche-t-il sur vos documents et vos applications ? Un assistant isolé reste souvent peu utilisé.
- La gouvernance : journal des usages, règles par service, visibilité pour la sécurité. La démarche de gouvernance d’une IA en entreprise détaille ce point.
Le comparatif des alternatives souveraines
1. Vibe de Mistral, l’ancien Le Chat
C’est l’alternative la plus connue en France. Mistral, entreprise française, a renommé son assistant Le Chat en Vibe en mai 2026 et l’a repositionné comme un agent de travail. L’éditeur propose des offres Gratuit, Pro, Team et Entreprise ; cette dernière ajoute des déploiements privés, en auto-hébergement, dans un cloud privé ou sur site. La presse spécialisée indique que le mode de travail se relie notamment à SharePoint et à Outlook.
Deux points à vérifier. L’usage des échanges pour l’entraînement se règle par une option, à contrôler pour Vibe et pour l’API séparément. Et la politique de confidentialité indique que Mistral privilégie des prestataires européens, sans exclure des prestataires hors de l’Union à titre exceptionnel : demandez par écrit où seront stockées vos données. L’intégration à Word ou à Excel reste moins poussée que celle de Copilot.
2. Dust
Dust, plateforme d’origine française, connecte l’IA aux données internes de l’entreprise. Vous choisissez la région d’hébergement, Union européenne ou États-Unis, et les données à ingérer. L’éditeur affirme que vos données n’entraînent jamais les modèles et que les fournisseurs tiers de modèles n’en conservent aucune. Il cite la conformité au RGPD et la certification SOC 2 Type II.
Sa force est aussi sa limite : Dust permet de choisir ses modèles. Si vous retenez un modèle d’un fournisseur américain, la question de la juridiction se pose à nouveau pour cette partie du traitement. Choisissez donc la région et les modèles ensemble.
3. Konverso
Konverso se présente comme une plateforme d’agents IA sans code, avec une résidence des données en Europe, et on la trouve surtout sur le service client et le support informatique. Nous n’avons pas pu confirmer de certification de sécurité sur ses pages publiques : demandez l’attestation en cours de validité, son périmètre et la localisation exacte de l’hébergement. C’est une piste pour une organisation qui veut déployer des agents métier sans développer, à condition d’obtenir ces réponses par écrit.
4. Albert, l’IA de l’État
Développée par la DINUM, la direction du numérique de l’État, Albert est surtout aujourd’hui une API mise à disposition des ministères pour leurs propres projets. La version expérimentée dans les maisons France Services n’a pas été généralisée. L’Assistant IA, qui s’appuie sur des modèles de Mistral, a été testé auprès de 10 000 agents publics jusqu’en juin 2026. Nous n’avons pas trouvé d’offre destinée aux entreprises privées : Albert leur sert de repère, pas de produit à acheter.
5. Scalair
Scalair est un hébergeur français qui propose aussi des services d’IA : préparation des requêtes, recherche dans vos documents, ajustement de modèles et exploitation. L’éditeur annonce que toute la chaîne, du moteur aux données, tourne dans des centres de données français, sans transfert vers des fournisseurs cloud étrangers, avec une confidentialité garantie par contrat. Nous n’avons trouvé ni grille de prix ni certification propre à cette offre : à demander. Cette voie convient à une organisation qui veut déléguer l’exploitation.
6. OVHcloud et Scaleway, la brique d’infrastructure
Ces deux acteurs ne vendent pas un assistant prêt à l’emploi, mais un accès à des modèles par API, facturé à la consommation. Une équipe technique s’en sert pour construire son propre outil, en appelant ces modèles comme elle le ferait pour n’importe quelle API REST.
- OVHcloud AI Endpoints donne accès à plus de 20 modèles à poids ouverts, hébergés et opérés dans l’Union européenne. L’éditeur indique que vos données n’entraînent pas ses modèles et qu’il ne garde que celles nécessaires à la facturation. La page ne cite pas de qualification SecNumCloud pour ce service, seulement pour d’autres offres.
- Scaleway Generative APIs héberge ses modèles dans un centre de données à Paris. L’éditeur précise que les données ne servent pas à entraîner les modèles, et se déclare non soumis aux lois extraterritoriales comme le CLOUD Act américain.
Tableau récapitulatif
| Solution | Hébergement annoncé | Intégration | À vérifier | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Vibe (Mistral) | Non précisé sur les pages relues, déploiement privé possible | Connecteurs, moins poussée que Copilot | Lieu de stockage, réglage d’entraînement | Usage quotidien des équipes |
| Dust | Union européenne ou États-Unis, au choix | Données internes à connecter | Région et modèles retenus | Équipes qui veulent choisir leurs modèles |
| Konverso | Europe | Agents métier sans code | Certification, lieu exact | Service client, support informatique |
| Albert | Non vérifié | API pour projets publics | Pas d’offre privée trouvée | Ministères et administrations |
| Scalair | Centres de données français | Sur mesure | Prix, certification | Délégation de l’exploitation |
| OVHcloud | Union européenne | API à intégrer | Pays exact, qualification | Équipes techniques |
| Scaleway | Paris | API à intégrer | Modèles proposés | Équipes techniques |
Ce que recouvre vraiment le mot souverain
Le cadre légal extraterritorial, expliqué simplement
Il faut sortir de la seule question du lieu de stockage. Une loi extraterritoriale permet à une autorité étrangère de réclamer des données à une entreprise relevant de sa juridiction, même si ces données sont stockées ailleurs. Le texte le plus cité est le CLOUD Act américain. C’est ce point qui distingue un hébergement souverain d’un hébergement simplement situé en Europe. Faites valider votre lecture par votre juriste ou votre délégué à la protection des données : l’analyse dépend de vos contrats et de vos données.
Souveraineté des données ou souveraineté du modèle
La souveraineté des données concerne l’endroit où sont vos informations et qui peut y accéder. La souveraineté du modèle concerne l’origine du moteur d’IA. Les deux ne vont pas toujours ensemble : une solution peut héberger vos données en France en s’appuyant sur un modèle étranger, surtout si ce modèle tourne sur ses propres serveurs. Pour une entreprise, l’essentiel est souvent la première. Le choix du modèle devient alors un réglage selon la sensibilité du sujet.
Attention au faux souverain
Le mot est devenu un argument commercial. Posez ces quatre questions, et demandez la réponse dans le contrat :
- Où les données sont-elles précisément stockées et traitées ?
- De quelle juridiction relève le fournisseur, y compris sa maison mère ?
- Quels sous-traitants interviennent, et dans quels pays ?
- Comment les usages sont-ils tracés, et qui peut consulter ce journal ?
Une réponse floue doit vous alerter. Un éditeur sérieux documente ses hébergeurs, ses modèles et ses partenaires. La souveraineté se prouve par des engagements vérifiables, pas par un logo aux couleurs nationales.
Les bénéfices, et ce qu’ils coûtent
Choisir une solution souveraine apporte des avantages concrets :
- La protection des informations : contrats, données clients et savoir-faire restent dans un périmètre que vous maîtrisez.
- La confiance : vos clients et partenaires regardent de plus en plus la façon dont leurs données sont traitées.
- La résilience : vous dépendez moins d’un seul fournisseur et de ses changements de tarif.
- La traçabilité : une obligation réglementaire devient un outil de pilotage des usages.
Le prix à payer est réel. Vous perdez l’intégration native à Word, Excel, Outlook et Teams, et vous ajoutez un outil à déployer, à sécuriser et à faire adopter. Une PME manipule elle aussi des données sensibles, mais tout rapatrier n’a pas de sens : une donnée publique n’appelle pas les mêmes précautions qu’un fichier client. La bonne approche consiste à classer vos données d’abord, et à placer le curseur fichier par fichier.
Comment choisir selon votre profil
- Des équipes qui veulent un assistant au quotidien : commencez par tester Vibe de Mistral.
- Une équipe qui croise plusieurs sources internes : regardez Dust, en fixant la région et les modèles.
- Un service client ou un support à outiller : regardez Konverso.
- Une organisation qui veut déléguer l’exploitation : demandez une offre à Scalair.
- Une équipe technique qui construit son outil : comparez les API d’OVHcloud et de Scaleway.
- Le secteur public : renseignez-vous auprès de la DINUM sur Albert.
- Une entreprise déjà sur Microsoft 365, sans contrainte juridique forte : Copilot et les engagements de Microsoft peuvent suffire, et vous pouvez créer vos propres agents avec Copilot Studio.
Rien n’oblige à choisir un seul outil. Beaucoup de besoins se règlent en deux périmètres : l’outil courant pour le quotidien, un outil séparé pour les fichiers les plus sensibles. Dans les deux cas, regardez les droits d’accès à vos fichiers avant de brancher une IA : un assistant connecté à des bibliothèques SharePoint mal réglées retrouvera aussi ce que certains n’auraient pas dû voir.
Quand se faire accompagner dans ce choix
Pour tester un assistant dans une équipe sur des données non sensibles, vous n’avez besoin de personne : ouvrez un compte et essayez sur de vrais cas. Un expert devient utile quand le juridique, la sécurité et les métiers doivent s’accorder, quand l’outil doit se relier à un ERP ou à une gestion documentaire, ou quand vous traitez des données de santé, de paie ou des contrats. Notre périmètre reste Microsoft : si vos données peuvent y rester, un assistant IA construit avec Copilot Studio répond souvent au besoin. Si elles ne le peuvent pas, posez-le dès le départ comme une contrainte, avant de choisir un outil.
Questions fréquentes
Le cadre légal américain concerne-t-il les serveurs européens de Microsoft ?
Le lieu des serveurs ne suffit pas à écarter une loi extraterritoriale quand le fournisseur relève d’une juridiction étrangère, ce qui est le cas de Microsoft. Cela ne veut pas dire que vos données sont consultées, mais que ce risque juridique existe. C’est à vous de juger s’il est acceptable pour vos données.
Une alternative souveraine est-elle moins performante que Copilot ?
Cela dépend de la tâche, et le plus simple est de tester sur vos propres documents, en français. L’écart le plus visible porte sur l’intégration : Copilot travaille directement dans Word, Excel, Outlook et Teams, ce qu’un outil externe ne fait pas de la même façon.
Le RGPD suffit-il à garantir la souveraineté ?
Non. Le RGPD encadre le traitement des données personnelles, mais il ne supprime pas l’effet d’une loi extraterritoriale. Une solution peut être conforme au RGPD et rester exposée à une demande d’accès d’une autorité non européenne. La souveraineté ajoute une exigence sur le droit applicable.
Comment migrer depuis Copilot sans tout casser ?
La transition se fait rarement d’un bloc. On commence par un périmètre sensible, comme le juridique ou les ressources humaines, puis on élargit si le résultat convainc. Rien n’empêche de garder Copilot ailleurs, tant que les règles disent clairement quel fichier va dans quel outil.
Comment se préparer à l’AI Act ?
Commencez par recenser vos usages de l’IA et repérer ceux à haut risque, comme le recrutement ou le crédit. L’omnibus numérique, publié au Journal officiel de l’UE le 24 juillet 2026, a repoussé ces obligations au 2 décembre 2027, et au 2 août 2028 pour l’IA intégrée à des produits. Privilégiez dès maintenant des outils qui documentent les usages et cloisonnent les accès.
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