Données et connexions
Connecter Power Platform aux API REST
Une API REST permet à vos applications et à vos flux de dialoguer avec un logiciel absent du catalogue de Microsoft. Voici comment s’y brancher avec un connecteur personnalisé.
Connecter Power Platform à une API REST permet à vos applications et à vos flux d’échanger des données avec un logiciel absent du catalogue de Microsoft : un ERP métier, un outil de facturation, un transporteur. Une API est la porte d’entrée officielle d’un logiciel pour les autres programmes. Power Platform s’y branche le plus souvent par un connecteur personnalisé, que l’on configure dans un assistant sans développement lourd.
Ce que ça change de relier vos logiciels par API
Quand deux logiciels ne se parlent pas, quelqu’un fait le lien à la main : export, copier-coller, ressaisie. C’est lent, et c’est là que naissent les erreurs.
Prenez une PME dont le transporteur propose une API. Un commercial veut savoir où en est une livraison sans ouvrir un autre site. Avec un connecteur, une application Power Apps affiche le statut à côté de la commande. Et un flux Power Automate peut prévenir le client dès qu’un colis est livré, sans action humaine. La donnée reste dans le logiciel d’origine : on la consulte au moment où on en a besoin.
Avant de créer quoi que ce soit, vérifiez le catalogue : Power Platform offre déjà plus de 1 000 connecteurs. Si votre logiciel y figure, utilisez le sien, éventuellement en passant par un connecteur Premium. Notre article sur les connecteurs Premium aide à juger s’ils valent la licence. Le connecteur personnalisé est pour tout le reste.
Comprendre une API REST en quelques minutes
Une API REST fonctionne avec les mêmes requêtes HTTP que votre navigateur. Chaque type d’information a une adresse, appelée point de terminaison (endpoint). Vous envoyez une demande à cette adresse, et le serveur répond, généralement au format JSON, un texte structuré lisible par un humain comme par une machine.
Voici une demande de lecture sur une API d’exemple :
GET https://api.exemple.fr/v1/commandes/1042
Authorization: Bearer votre-jeton
Et la réponse du serveur :
{
"id": 1042,
"client": "Dupont SAS",
"statut": "expediee",
"montantHT": 1250.50
}
Le verbe indique l’intention : GET pour lire, POST pour créer, PUT ou PATCH pour modifier, DELETE pour supprimer. Le code de réponse donne le résultat :
| Code | Signification | Que faire |
|---|---|---|
200, 201 |
Réussite, élément créé | Rien : tout va bien |
400 |
Demande incorrecte | Vérifier les paramètres envoyés |
401, 403 |
Non authentifié, accès interdit | Vérifier la clé et les droits du compte |
404 |
Ressource introuvable | Vérifier l’adresse ou l’identifiant |
429 |
Trop de requêtes | Ralentir, puis réessayer plus tard |
500 |
Erreur du serveur | Réessayer, puis prévenir l’éditeur |
Choisir la bonne façon d’appeler une API
| Méthode | Où | Convient pour |
|---|---|---|
| Connecteur personnalisé | Power Automate, Power Apps, Copilot Studio, Logic Apps | Une API réutilisée par plusieurs flux, applications ou personnes |
| Action HTTP | Power Automate | Un appel ponctuel dans un seul flux |
| Nœud de requête HTTP | Copilot Studio | Un appel dans une rubrique d’un agent |
| Connecteur Web | Power BI, Power Query | Charger des données dans un rapport |
Power BI est un cas à part, contrairement à ce qu’on lit parfois : il n’utilise pas ces connecteurs personnalisés. On y interroge une API par Power Query, avec par exemple Json.Document(Web.Contents("https://api.exemple.fr/v1/commandes")).
Le point licence à regarder avant de démarrer
Un connecteur personnalisé est une fonctionnalité Premium. Un flux qui l’utilise demande une licence Premium ou d’essai : Power Automate Premium coûte 13,00 € HT par utilisateur et par mois (prix public relevé en octobre 2026). Pour un flux automatisé ou planifié, seule la licence du propriétaire compte, alors qu’un flux instantané dépend de la personne qui le lance. Une application Power Apps qui utilise un connecteur personnalisé passe aussi en Premium pour ses utilisateurs : Power Apps Premium coûte 17,30 € HT par utilisateur et par mois (prix public relevé en octobre 2026).
Deux limites figurent dans les limites de Power Automate : 50 connecteurs personnalisés par utilisateur, et 500 requêtes par minute par connexion. L’action HTTP est elle aussi classée Premium. S’y ajoute un plafond par utilisateur : 6 000 requêtes par 24 h avec Microsoft 365, 40 000 en Premium, et chaque action compte. Une boucle de trois actions sur 1 000 lignes en consomme donc déjà 3 000 environ.
Créer un connecteur personnalisé pas à pas
Préparer
Rassemblez la documentation de l’API : adresse de base, points de terminaison utiles, type d’authentification, et un exemple de requête et de réponse. Si l’éditeur fournit une définition OpenAPI (anciennement Swagger) ou une collection Postman, importez-la : cela évite la saisie à la main. Visez le format OpenAPI 2.0, car OpenAPI 3.0 n’est pas pris en charge. La présentation complète est dans la vue d’ensemble des connecteurs personnalisés.
Démarrer dans une solution
- Connectez-vous à Power Apps ou Power Automate, puis sélectionnez Solutions dans le volet de gauche.
- Ouvrez ou créez une solution non gérée, ce qui facilitera le déploiement du connecteur vers la production.
- Ouvrez la liste Nouveau connecteur personnalisé et choisissez la création à partir de zéro.
- Saisissez le nom du connecteur, puis sélectionnez Continuer. L’assistant affiche cinq sections : Général, Sécurité, Définition, Code et Test.
Remplir les sections Général et Sécurité
Dans Général, renseignez la description, le schéma (HTTPS), l’hôte, ici api.exemple.fr, et l’URL de base, ici /v1. Pour une API accessible seulement sur votre réseau, le connecteur passera par une passerelle de données.
Dans Sécurité, choisissez le type d’authentification attendu par l’API :
| Type | Principe | À savoir |
|---|---|---|
| Clé API | Une chaîne de caractères envoyée à chaque requête | Simple. Le nom et l’emplacement du paramètre (en-tête ou requête) doivent correspondre à ce que l’API attend |
| OAuth 2.0 | L’utilisateur autorise l’accès, sans donner son mot de passe | Chaque connecteur a sa propre adresse de redirection, à déclarer chez le fournisseur |
| Microsoft Entra ID | OAuth 2.0 avec le service d’identité de Microsoft | Méthode recommandée par Microsoft pour vos propres API |
| Authentification de base | Nom d’utilisateur et mot de passe | À éviter si l’API propose mieux |
Sélectionnez ensuite Créer un connecteur.
Définir les actions
Une action correspond à un appel de l’API. Dans Définition, sélectionnez Nouvelle action et renseignez le résumé, la description et l’ID d’opération, par exemple ObtenirCommande, qui deviendra le nom de la fonction dans Power Apps. Puis :
- Dans la zone Requête, sélectionnez Importer à partir de l’exemple. Indiquez le verbe, l’URL complète et un corps d’exemple, puis Importer.
- Dans la zone Réponse, sélectionnez Ajouter une réponse par défaut, collez un exemple de réponse JSON et importez-le. Les champs deviendront utilisables dans vos flux.
- Corrigez ce que signale la zone Validation, puis sélectionnez Mettre à jour le connecteur.
- Donnez des titres et descriptions clairs aux paramètres : ce sont eux que verront les utilisateurs du connecteur.
Les en-têtes de requête et de réponse n’acceptent que des caractères ASCII : un accent peut faire échouer la validation. La section Code est facultative : elle transforme les données en C#, avec cinq secondes d’exécution et 1 Mo au maximum. Quant aux déclencheurs, ils lancent un flux quand un événement survient dans le logiciel externe, mais toutes les API ne le permettent pas. À défaut, un flux planifié peut interroger l’API à intervalles réguliers. Le tutoriel de Microsoft pour créer un connecteur de A à Z détaille chaque écran.
Tester
- Avec une clé API, attendez quelques minutes après la création : le connecteur peut ne pas être prêt tout de suite.
- Dans Test, sélectionnez Nouvelle connexion, saisissez vos identifiants, puis Créer une connexion. Pour une API à jeton, écrivez
Bearer, un espace, puis la clé. - Revenez à Test, renseignez les paramètres avec de vraies valeurs, puis sélectionnez Opération de test.
- Comparez la réponse à ce que vous attendez. Une erreur 401 pointe vers la clé ou les identifiants. Une erreur 403 peut venir de l’API, qui n’autorise pas les adresses IP de Power Platform.
Utiliser le connecteur dans vos flux, applications et agents
Dans Power Automate, le connecteur apparaît dans la recherche lors de l’ajout d’une action. Renseignez les paramètres avec des valeurs fixes ou des données d’étapes précédentes. La réponse devient disponible pour les étapes suivantes, en contenu dynamique ou par une expression comme body('Lister_les_commandes')?['value'].
Dans Power Apps, ajoutez le connecteur comme source de données. Chaque action devient une fonction Power Fx, sous la forme NomDuConnecteur.IdOperation. Dans une interface en français, le séparateur peut devenir le point-virgule (;) selon la langue ou les réglages régionaux.
Set(varCommande, MonERP.ObtenirCommande("1042"))garde une commande dans une variable, par exemple à la sélection d’un bouton.ClearCollect(colCommandes, MonERP.ListerCommandes({statut: "ouverte"}).value)charge une liste dans une collection locale. Le motvaluedépend de la structure de la réponse de votre API.
Évitez d’appeler l’API dans la propriété Items d’une galerie : la fonction peut s’exécuter plus souvent que prévu. Passez plutôt par un bouton ou par l’ouverture de l’écran, et stockez le résultat.
Dans Copilot Studio, le connecteur devient un outil que l’agent peut appeler. Notre guide pour créer un premier chatbot montre où l’ajouter dans une conversation.
Fiabiliser l’intégration : erreurs, quotas, évolutions
- Prévoyez l’échec. Une API finit toujours par ne pas répondre. Dans un flux, configurez les actions qui suivent pour traiter l’erreur et prévenir quelqu’un : notre article sur la gestion des erreurs dans Power Automate montre la méthode.
- Respectez les quotas. Beaucoup d’API limitent le nombre de requêtes par heure ou par jour, et répondent 429 au-delà. Réglez les nouvelles tentatives dans les paramètres de l’action, plutôt que de relancer en boucle.
- Demandez moins de données. Filtrez côté API, regroupez plusieurs opérations en une seule requête quand c’est possible, et gardez en mémoire les données qui changent rarement.
- Suivez les évolutions de l’API. Lorsqu’un champ change, republiez le connecteur, supprimez la connexion ou la source de données des applications qui l’utilisent, puis ajoutez-la de nouveau.
- Vérifiez les règles de votre organisation. Les stratégies de données peuvent bloquer un connecteur personnalisé : parlez-en à votre administrateur avant d’y consacrer du temps.
- Documentez. Notez les paramètres, les formats et les cas d’usage prévus, ainsi que le compte qui détient la clé API.
Partager le connecteur avec votre équipe
Par défaut, un connecteur personnalisé reste visible par son seul créateur. Il est aussi partagé quand vous partagez une application ou un flux d’équipe qui l’utilise. Pour le partager directement :
- Ouvrez Données, puis Connecteurs personnalisés.
- Ouvrez les trois points du connecteur, puis Inviter un autre utilisateur.
- Ajoutez les personnes ou les groupes, choisissez Peut afficher ou Peut modifier, puis enregistrez.
Le partage peut prendre quelques minutes à apparaître. Attention avant de supprimer : retirer un connecteur supprime toutes les connexions qui en dépendent. Quant à la certification, on la confond souvent avec le partage interne : ce n’est pas une démarche auprès de votre administrateur, mais un examen par Microsoft, pour rendre le connecteur disponible à tous les utilisateurs de ses produits, hors de votre organisation.
Quand confier l’intégration à un prestataire
Lire des données dans une API bien documentée, avec une clé et deux ou trois actions, reste accessible à une personne à l’aise avec Power Automate. Confier le sujet à un prestataire devient raisonnable quand l’intégration écrit dans un logiciel de gestion, quand un flux est devenu critique pour la facturation ou les expéditions, ou quand l’API impose OAuth 2.0 et un volume proche des limites. Il faut aussi anticiper qui maintiendra le connecteur quand l’éditeur changera son API. Nos pages sur l’automatisation avec Power Automate et sur le rangement des données dans Dataverse situent ce travail dans un projet complet.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un connecteur standard et un connecteur personnalisé ?
Les connecteurs du catalogue sont prêts à l’emploi et maintenus par Microsoft ou par l’éditeur du service. Un connecteur personnalisé est celui que vous construisez pour une API absente du catalogue, et que vous maintenez ensuite. Il relève des licences Premium, alors qu’un connecteur classé standard n’en demande pas.
Combien de temps faut-il pour créer un connecteur personnalisé ?
Cela dépend surtout de l’API et de sa documentation. Avec une clé et quelques actions bien décrites, une première version se monte en une heure ou deux. Une API avec OAuth 2.0 et de nombreuses actions demande plusieurs heures de configuration et de tests, parfois davantage.
Peut-on modifier un connecteur après sa création ?
Oui, vous pouvez ajouter des actions, changer des paramètres ou ajuster l’authentification. Republiez ensuite le connecteur, puis supprimez et ajoutez de nouveau la source de données dans les applications concernées pour qu’elles voient le changement. Testez dans un environnement séparé avant de toucher à la production.
Quels codes HTTP faut-il connaître pour gérer les erreurs ?
Les plus courants sont 200 pour une réussite, 400 pour une demande incorrecte, 401 pour une authentification manquante, 403 pour un accès interdit et 404 pour une ressource introuvable. Ajoutez 429 quand les limites de l’API sont dépassées et 500 pour une erreur du serveur. Un 429 ou un 500 se retente souvent avec succès, contrairement à un 400 ou un 401.
Un connecteur personnalisé fonctionne-t-il dans tous les produits ?
Il fonctionne dans Power Automate, Power Apps et Copilot Studio, où il est disponible quel que soit l’outil dans lequel il a été créé. Un connecteur créé dans Logic Apps ne suit pas : il faut réutiliser sa définition pour le recréer. Power BI ne l’utilise pas non plus, et interroge les API par Power Query.
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