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Données et connexions

Connecter Power Platform à SharePoint

Vos listes et bibliothèques SharePoint peuvent alimenter des applications, des automatisations et des tableaux de bord, sans déplacer vos données. Voici comment, et quelles limites anticiper.

Connecter Power Platform à SharePoint, c’est transformer vos listes et vos bibliothèques de documents en applications, en automatisations et en tableaux de bord, sans déplacer vos données. Pour une entreprise déjà sous Microsoft 365, c’est souvent le premier projet le plus simple, car l’information est déjà là et les droits d’accès aussi. Ce guide montre comment relier chaque outil à SharePoint et quelles limites anticiper.

Ce que cette connexion change pour une équipe

Dans beaucoup d’entreprises, SharePoint range l’information sans la faire vivre. Une liste de suivi se remplit à la main, personne n’est prévenu quand une ligne change, et les chiffres se recopient dans Excel une fois par mois.

Prenez un service achats qui suit ses demandes dans une liste. Avec Power Platform, le demandeur remplit un formulaire simple sur son téléphone, le responsable reçoit la demande à valider dans Teams, et la direction voit les montants engagés dans un tableau de bord. La liste reste la seule source : plus de copier-coller entre les outils, et moins d’erreurs de ressaisie.

Outil Ce qu’il apporte à SharePoint Exemple
Power Apps Un écran métier, sur ordinateur ou téléphone Saisir une demande d’achat depuis un chantier
Power Automate Des actions déclenchées toutes seules Demander une validation quand une ligne est créée
Power BI Des graphiques et des indicateurs Suivre les montants engagés par service

Relier Power Apps à une liste SharePoint

Deux chemins existent, selon que l’application existe déjà ou non.

  • En partant de la liste : dans Microsoft Lists, ouvrez Intégrer, Power Apps, Créer une application. Power Apps génère une application de trois écrans : parcourir la liste, voir le détail, modifier.
  • En partant d’une application : dans Power Apps Studio, ouvrez Données, ajoutez des données, puis choisissez le connecteur SharePoint. Sélectionnez le site, cochez une ou plusieurs listes, puis Se connecter.

Si votre liste n’apparaît pas, saisissez son nom dans la zone prévue pour un nom de table personnalisé. Power Apps prend en charge les listes, pas les listes basées sur des modèles. La référence complète est dans la documentation de Microsoft sur la connexion à SharePoint depuis une application canevas.

L’application lit et écrit directement dans la liste : il n’y a pas de copie à synchroniser. Une modification enregistrée se retrouve aussitôt dans SharePoint. En revanche, un collègue dont l’application est déjà ouverte ne la verra qu’au prochain chargement des données, ou après Refresh(Demandes).

Les formules à connaître

Une colonne Choix, Recherche ou Personne n’est pas un simple texte : c’est un type complexe, avec des sous-champs. Il faut donc viser le bon sous-champ, comme dans ces exemples sur une liste « Demandes ». Dans une interface en français, le séparateur peut devenir le point-virgule (;) selon la langue ou les réglages régionaux.

  • Filter(Demandes, Statut.Value = "En attente") : les demandes en attente, sur une colonne Choix.
  • Filter(Demandes, Demandeur.Email = User().Email) : les demandes de la personne connectée, sur une colonne Personne.
  • Filter(Demandes, StartsWith(Reference, RechercheTexte.Text)) : une recherche par début de référence.
  • Patch(Demandes, Defaults(Demandes), {Reference: "D-1042", Montant: 1200}) : la création d’une ligne sans formulaire.

La délégation, le piège des listes qui grossissent

Déléguer, c’est demander à SharePoint de faire le tri lui-même. Quand une formule n’est pas déléguée, Power Apps ne traite que les premières lignes reçues (500 par défaut, réglable jusqu’à 10 000 dans les paramètres de l’application) et le résultat peut être faux sans que l’utilisateur en soit averti. Seul le créateur de l’application voit un avertissement dans Power Apps Studio.

Délégué à SharePoint Non délégué
Filter, LookUp, Sort, SortByColumns Search et l’opérateur in
= sur les nombres, textes, booléens et dates <> sur un texte, Not
StartsWith sur un texte IsBlank (essayez plutôt Colonne = Blank())
<, > et leurs variantes sur les nombres et les dates < ou > sur le champ ID, qui n’accepte que =

Notre article sur la délégation dans Power Apps détaille les contournements possibles.

Automatiser SharePoint avec Power Automate

Un flux part d’un déclencheur, par exemple Lors de la création d’un élément ou Lors de la création ou de la modification d’un élément pour une liste, et Lors de la création d’un fichier (propriétés uniquement) pour une bibliothèque. Il enchaîne ensuite des actions. Voici des automatisations courantes :

  • Prévenir une personne par e-mail ou dans Teams quand un document attend sa validation.
  • Copier un fichier d’une bibliothèque à une autre selon une colonne, par exemple quand il passe au statut « Signé ».
  • Créer une tâche dans Planner quand un élément change de statut.
  • Extraire des données d’un PDF et les enregistrer dans une liste, ce qui passe par AI Builder et demande des crédits supplémentaires.

Pour faire passer un document par plusieurs validateurs, suivez notre méthode de flux d’approbation. Quatre pièges reviennent souvent :

  • La boucle sans fin. Un flux déclenché par une modification, et qui modifie la même ligne, se relance lui-même. Ajoutez une condition de déclenchement, ou écrivez dans une colonne que le flux ne surveille pas.
  • Les lignes manquantes. L’action Obtenir les éléments ne renvoie pas toute la liste par défaut. Filtrez avec une requête comme Statut eq 'En attente' et activez la pagination dans les paramètres de l’action si besoin.
  • Le nom interne des colonnes. Une requête de filtre utilise le nom interne de la colonne, pas celui affiché. Une colonne créée avec un espace peut s’appeler Date_x0020_de_x0020_livraison.
  • Le plafond de requêtes. Avec une licence Microsoft 365, un utilisateur dispose de 6 000 requêtes par 24 h, contre 40 000 en Premium, et chaque action compte. Un flux qui parcourt une longue liste l’atteint vite : filtrez en amont.

Pour un besoin que les actions standard ne couvrent pas, l’action Envoyer une requête HTTP à SharePoint appelle directement l’API REST, par exemple _api/web/lists/getbytitle('Demandes')/items?$top=10. C’est du travail de développeur, rarement nécessaire pour un premier projet.

Analyser les données SharePoint dans Power BI

  1. Dans Power BI Desktop, ouvrez Obtenir les données et choisissez Liste SharePoint Online.
  2. Saisissez l’adresse du site, et non celle de la liste, par exemple https://votreentreprise.sharepoint.com/sites/achats.
  3. Cochez les listes voulues, puis ouvrez Power Query avec Transformer les données.
  4. Retirez les colonnes inutiles et développez les colonnes Personne ou Recherche pour obtenir le sous-champ qui vous intéresse.

Limitez l’import aux colonnes utiles : une liste contient beaucoup de colonnes système qui ralentissent l’actualisation sans rien apporter. Pour garder le rapport à jour, publiez-le et planifiez l’actualisation des données. Le nombre d’actualisations possibles par jour dépend de votre licence.

SharePoint Online est un service cloud, donc aucune passerelle n’est nécessaire. Seul un SharePoint hébergé dans vos locaux passe par une passerelle de données.

Comprendre qui voit quoi

On lit souvent que Power Platform « respecte les permissions SharePoint ». C’est vrai pour Power Apps, et trompeur pour les deux autres outils, car la connexion ne s’exécute pas sous la même identité. Toutes passent par Microsoft Entra ID, le service d’identité de Microsoft 365, mais pas avec le même compte.

Outil Sous quelle identité Conséquence
Power Apps Celle de l’utilisateur Partager l’application ne donne pas accès à la liste : chacun doit avoir des droits sur le site ou la liste
Power Automate Celle du compte qui a créé la connexion, le plus souvent Le flux peut lire ce que l’utilisateur final ne voit pas, et il s’arrête si ce compte quitte l’entreprise
Power BI Celle du compte de la connexion Une fois importées, les données sont visibles par tous les lecteurs du rapport

Pour un flux important, prévoyez donc un compte de service, c’est-à-dire un compte dédié qui n’appartient à personne en particulier. Dans Power BI, limitez ce que chacun voit avec la sécurité au niveau des lignes.

Gérer les listes de plus de 5 000 éléments

SharePoint applique un seuil d’affichage de 5 000 éléments par requête. Une liste peut le dépasser, mais les requêtes doivent alors rester ciblées, sinon elles échouent ou ralentissent. Trois réflexes :

  • Créez un index sur les colonnes utilisées dans vos filtres, dans les paramètres de la liste.
  • Filtrez sur ces colonnes dès la première condition, avec une formule déléguée.
  • Évitez de charger toute la liste dans l’application : affichez ce dont l’utilisateur a besoin à l’instant.

Si vos listes se multiplient, se croisent par de nombreuses recherches ou demandent des droits ligne par ligne, SharePoint montre ses limites. C’est le moment de regarder Dataverse et ce qu’il apporte, en gardant à l’esprit qu’il demande des licences Premium.

Résoudre les problèmes courants

  • Erreur de connexion : vérifiez d’abord que le compte a au moins un droit de lecture sur le site visé.
  • Colonne absente dans Power Apps : actualisez la source de données dans le volet Données.
  • Flux en échec après un changement de mot de passe ou de compte : corrigez la connexion dans Connexions, ou recréez-la avec un compte valide.
  • Actualisation Power BI en échec : vérifiez que l’adresse du site n’a pas changé, et que les identifiants de la source de données restent valables.

Quand faire appel à un prestataire

Une application sur une liste de quelques centaines de lignes, ou un flux de notification, reste à la portée d’une personne motivée. Faire appel à un prestataire devient pertinent quand plusieurs services dépendent de la même liste, quand le volume approche du seuil, ou quand des données sensibles exigent des droits fins que SharePoint gère mal. C’est aussi le bon moment pour trancher entre rester sur SharePoint et passer à une vraie base : notre page sur Dataverse, pour ranger les données de vos applications, aide à poser cette question. Si le besoin porte d’abord sur l’outil métier, voyez aussi ce que Power Apps peut remplacer.

Questions fréquentes

Peut-on connecter Power Platform à SharePoint sans programmer ?

Oui. Les connecteurs se configurent depuis l’interface, Power Apps génère les écrans de base et Power Automate propose des modèles de flux. Il faut surtout comprendre la logique des formules et de la délégation. Seuls les appels à l’API REST demandent de vraies compétences techniques.

Combien de temps faut-il pour créer une première application ?

L’application générée depuis une liste est prête en quelques minutes et immédiatement utilisable. L’adapter à votre métier prend plus de temps : formulaires, droits, tests avec les utilisateurs. Prévoyez ce travail avant d’annoncer une date de mise en service.

Les données modifiées dans Power Apps sont-elles visibles tout de suite dans SharePoint ?

Oui, car l’application écrit directement dans la liste. Les autres utilisateurs voient le changement au prochain chargement de leurs données. Si l’écran doit rester à jour, ajoutez un Refresh au bon moment, par exemple à l’ouverture de l’écran.

Quelle est la limite du nombre d’éléments ?

Le seuil de 5 000 éléments concerne les requêtes, pas le contenu de la liste, qui peut être bien plus long. Avec des colonnes indexées et des formules déléguées, l’application reste utilisable au-delà. Quand le volume et les relations entre listes augmentent, une base comme Dataverse devient plus adaptée.

Faut-il refaire les permissions dans Power Platform ?

Pour Power Apps, non : les droits se gèrent dans SharePoint, et chaque utilisateur doit y avoir accès. Pour un flux ou un rapport Power BI, c’est différent, car ils s’exécutent avec le compte de la connexion. Vérifiez donc qui voit quoi avant de partager.

Faut-il une licence en plus de Microsoft 365 ?

Le connecteur SharePoint est un connecteur standard, couvert par les droits inclus dans la plupart des abonnements Microsoft 365. Dès qu’une application ou un flux utilise un connecteur Premium, il faut une licence dédiée : Power Apps Premium à 17,30 € ou Power Automate Premium à 13,00 €, HT, par utilisateur et par mois (prix publics relevés en octobre 2026).

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